
Le musée fondé en 1868 ouvre ses portes en 1869. Il est logé dans l'hôtel de ville jusqu'en 1924 date de son transfert dans la chapelle du couvent des Augustines où il se trouve encore maintenant. À ce noyau initial est adjoint en 1974 un bâtiment moderne de 3 étages abritant la collection ethnographique normande Désiré Louveau et les deux salles des peintres du XXème siècle.
En 1988, un bâtiment ancien adossé au choeur de la chapelle est réaménagé et reçoit la collection des oeuvres du XIXème siècle et celles de Eugène Boudin ainsi que la donation Hambourg-Rachet et le cabinet des oeuvres graphiques.
À l'heure actuelle, le musée expose 1800 objets et conserve près de 3000 peintures, sculptures, dessins et gravures, coiffes, costumes, meubles, une collection de 112 affiches touristiques sur la Normandie des années 1880-1960 et une collection de jouets anciens (1050 numéros) des XIXème et XXème siècle, exposés par roulement.
Le musée organise 2 à 3 expositions temporaires par an, et à côté de son fonds permanent, il expose régulièrement les oeuvres des réserves sous la forme d'expositions à thème.
LA FEMME ET LA MER, 1850 - 1920
30/09/2013
Les divinités associées à la mer dès l'Antiquité sont toutes d'une remarquable beauté (Vénus née de la mer), dont elles deviennent parfois victimes (Andromède, Ariane ou Galathée), et qui n'empêche pas la cruauté (les sirènes). Ces trois thèmes seront perpétués au cours des siècles. Ingres et ses élèves utilisent le thème de la naissance de Vénus pour développer leur ligne souple et harmonieuse. Les romantiques préfèrent Andromède, Angélique, Galathée ou Virginie, soumises à la puissance aveugle de la vague.
Au début des années 1860, le combat esthétique entre académiques et impressionnistes se cristallise autour du thème de la femme et de la mer avec, en arrière plan, la mode des bains de mer. Le développement du naturalisme et l'intérêt pour les coutumes régionales et les légendes folkloriques vont permettre de renouveler les sujets, tout en conservant les trois facettes traditionnelles : beauté (thème de la Vénus marine), cruauté (la fille du roi Gradlon, femme fatale), victime (la veuve du pêcheur). Les peintres naturalistes représentent les aspects très rudes du labeur des femmes de pêcheurs.
La fin du siècle, avec le symbolisme, se caractérise par une dimension mystique (la femme de pêcheur est intercesseur auprès du monde divin) et mélodique. Les symbolistes renouent avec le mythe des sirènes, négligeant l'aspect cruel de ces dernières pour peindre des évocations où la femme-sirène et la mer se fondent mélodieusement.
En parallèle à cette exposition présentée dans les deux salles de la chapelle du musée, la salle du 19e siècle accueillera les œuvres du musée illustrant le thème général du Festival L’Impressionnisme au fil de l’eau.
Les peintures et dessins d’Eugène Boudin appartenant au musée de Honfleur, plages, marines ou rivages, seront accompagnés par un prêt exceptionnel de 7 peinturesprovenant du musée de Libérec (République Tchèque). Ces peintures, sur le thème au fil de l’eau, et datées des années 1871-1895, ont pour sujet le port de Deauville, le vieux pont de Trouville, une marée basse, la rade de Brest, le port de Camaret, la marée basse à Etaples et l’embouchure de la Somme.
Les œuvres d’Eugène Boudin seront entourées par celles de ses amis dont les sujets répondent à ceux développés par le peintre honfleurais, au fil de l’eau :
Les laveuses au bord de l’eaude Charles Pécrus et Henri Michel-Lévy
Les ports de Johan-Barthold Jongkind, A.Dubourg, Edmond Petitjean, Gaston Roullet,
Les bords de la Seined’Albert Lebourg et Stanislas Lépine
Les rivages de Claude Monet, Gustave Courbet et Adolphe-Félix Cals
En résumé, dans l’exposition La Femme et la Mer et Au fil de l’eau , une quarantaine de peintures et de dessins évoquera le parcours artistique d’ Eugène Boudin, sans compter les études au pastel des ciels de l’estuaire qui restent exposées pendant la durée du festival.
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